Gouvernance partagée

La gouvernance peut se définir comme le protocole qui cadre la prise de décision et la mise en action au sein d’une organisation. Plus simplement : la gouvernance est la formalisation du « faire ensemble ».

La gouvernance partagée vise l’engagement de l’ensemble des acteurs de l’organisation dans la décision, et implique une redistribution du pouvoir et de la responsabilité.
La gouvernance partagée vise un plus grand épanouissement des individus et une meilleure performance de la structure.

Pourquoi s’engager dans cette nouvelle forme d’organisation ?

Rechercher un modèle organisationnel en adéquation avec les missions du réseau, les disponibilités de chacun, les souhaits/compétences de chacun,
Construire un cadre de travail plus impliquant et valorisant pour les membres du réseau,
Mieux impliquer les membres du réseau aux projets de l’organisation tout en étant agile face au renouvellement des acteurs du réseau.

Comment construire [et maintenir] un système qui distribue de manière équivalente le pouvoir et la responsabilité ?


La gouvernance partagée repose sur un certain nombre d’éléments structurels et culturels parfaitement interdépendants :
– Un collectif soudé : pas de gouvernance partagée sans un collectif soudé. Là où la plupart des équipes laissent des non-dits s’installer, des clans se former et des égos dominer, un “Nous” en co-responsabilité est en quête perpétuelle de fluidification des relations.
– Des individus souverains : de la même manière, il ne peut y avoir de “Nous” fort sans des “Je” convaincus de leur légitimité au “pouvoir avec”. En effet, comment se lancer dans la co-décision quand certains se censurent ou pire, n’ont pas conscience qu’ils se censurent ?
– Des rôles clairs et bien délimités : tout le monde ne décide pas de tout. Les tâches à accomplir et les décisions à prendre sont regroupées sous forme de rôles qui ont chacun un périmètre de responsabilités très clair et explicite.
– Des process qui neutralisent les égos : dans le cadre d’une co-décision — une élection par exemple — l’équivalence de pouvoir entre chaque membre est cruciale. Du tour de parole ouvert au principe de non-objection, en passant par la présence d’un facilitateur vigilant, la gouvernance partagée propose divers outils voués à libérer la parole, à neutraliser les jeux d’influence, et à protéger l’équipe de dangereux raccourcis. Certes, utiliser ces outils demande du temps, mais moins que l’apaisement a posteriori des tensions générées par une décision mal prise.
– Un pilotage par tensions : une tension est un frottement vécu par un membre dans l’exercice de son rôle, ou dans la rencontre entre plusieurs rôles. En bon système vivant, l’organisation en gouvernance partagée considère que les tensions sont des opportunités d’amélioration.

Pour que cet édifice tienne debout dans la durée, il a évidemment besoin de ciment. Un ciment spécial constitué de trois ingrédients secrets indispensables :
– une raison d’être (finalité) forte au sein de l’organisme,
– des règles à la fois strictes et libérantes, acceptées et comprises par chacun,
une volonté profonde de redistribuer le pouvoir.

Les méthodes et outils d’une gouvernance partagée


– Créer du « Nous » : faire et être ensemble, reconnaître les richesses de chacun(e).
– Cultiver une posture : quels leviers mettre en place pour grandir ensemble (écouter, se remettre en question, (s’)observer, confidentialité, bienveillance…).
– Définir qui décide quoi : les rôles, périmètres d’autorité, tâches…
– Choisir un processus de prise de décision : l’art de décider, consentement.
– Co-construire un cadre de sécurité : différents processus, relationnel, gestion des conflits, régulation des tensions.

La structuration des réunions


– tour de météo personnelle
– informations pratiques sur la séance (heure de fin, animateur, preneur de notes, maître du temps, …)
– retours des rôles (pour chaque “rôle” : état de ce qui a été fait depuis la dernière séance, prochain pas, mes besoins et ce qui reste à faire)
– gestion des tensions (avec gestion par consentement)
– le point des participants (pour dire ce qui n’a pas pu être dit précédemment, dans un cadre précis pour éviter les débordements)
– tour de cloture (bilan de la séance et météo personnelle)

Pour aller plus loin (les sites dont nous nous sommes fortement inspirés pour cette partie) :

Introduction à la gouvernance partagée

https://www.relyance.fr/la-gouvernance-partagee/

Structure d’une réunion en gouvernance partagée – organique