Le cycle de vie d’un réseau

Comme cette partie est un peu “théorique”, nous proposons aux lecteurs pressés  un mini résumé : il est question ici de la naissance et de la mort d’un réseau avec toutes les phases de son évolution : conception, lancement, croissance et maturité … Le point à retenir est que les modalités d’animation, les actions à mener diffèrent selon les phases du cycle de vie.

Allons-y !

La notion de cycle de vie est évidente et intuitive dans le cas d’un organisme vivant. Elle commence à être bien répandue s’agissant d’un produit. On a moins l’habitude de l’aborder dans le cadre d’un groupe de personnes. Et pourtant c’est une caractéristique de la dynamique de groupe. De nombreux chercheurs, psychologues, sociologues se sont penchés sur la façon dont un groupe naît, se développe  – dans le cas présent autour d’un thème, d’un objectif, d’un objet de recherche ou de soutien à la recherche – puis lorsque la dynamique n’est plus suffisante pour une raison ou une autre le groupe s’essouffle et s’éteint.

Il est d’ailleurs dommage de ne pas consacrer le temps et l’énergie qu’il faudrait à la « fin de vie » d’un collectif. Trop souvent, les collectifs meurent en pointillé, sans qu’on y prête vraiment attention. Les réunions s’espacent, les « délivrables » sont oubliés, les membres sont moins présents et c’est la fin … sans fin.

Poser un regard sur le réseau comme un objet en vie, c’est rester attentif à toutes les étapes de son cycle de vie. Et cela permettra de recommencer un cycle sur une autre thématique, un autre contexte, un autre jour !

Dans le schéma ci-dessous, les principales phases du cycle de vie d’un réseau sont présentées. Ce schéma n’indique pas la fin de vie du réseau. Elle peut survenir à n’importe laquelle de ces étapes.

Cycle de vie d’un réseau

Les différentes phases sont :

  • La phase de conception correspond à l’émergence d’idée initiale, partagée en général par un nombre réduit de personnes. C’est le moment où l’idée bouillonne, ou l’évidence de la structure de type « réseau » apparaît, où les objectifs commencent à prendre forme et les méthodes de lancement et de « recrutement » se dessinent. Éventuellement l’idée est validée avec les tutelles.
  • La phase de lancement est le moment où se définit, souvent de manière implicite, la façon dont une personne devient membre du réseau. Cette phase peut s’avérer assez délicate. C’est aussi le moment où les rôles commencent à devenir plus clairs sans pour autant qu’ils soient très explicites. Cela peut aussi être un moment très vivant, très moteur puis il s’agit de fédérer des personnes qui étaient jusque-là isolées.
  • Dans la phase de croissance se développent les actions mutualisées en réponse aux besoins des membres. C’est aussi souvent dans cette phase que le réseau a l’occasion de revenir sur son cadre et son fonctionnement L’organisation du groupe sera alors bien établie, les rôles également. Il est facile de « recruter » de nouveaux membres. Les animateurs sont encore dans la dynamique du lancement. La motivation pour le collectif est première. Tout va bien, le niveau d’activité est excellent. Pendant cette phase, il est important de s’interroger continûment sur le fonctionnement du réseau, sur le maintien de sa dynamique, sur les leviers de motivation, sur le niveau de délégation, sur la réponse aux besoins, etc.,
  • La phase de maturité se caractérise par un ralentissement du rythme de croissance de l’effectif du réseau. Parfois les membres les plus actifs se désengagent. Progressivement, il est constaté que le consensus lors de prises de décision est plus difficile à atteindre. L’ancienneté du réseau impose un renouvellement (au moins de la structure d’animation), sans quoi, la promesse de progrès faite aux membres risque de ne plus répondre à leurs attentes. Leur propre activité, leurs motivations, leurs évolutions personnelles les incitent alors à se détacher du réseau.

Un réseau est un système dont il faut assurer la « maintenance » régulièrement, sinon il va mourir. Se fixer un rendez-vous annuel pour prendre le temps de regarder si on est toujours d’accord sur les objectifs, si les modalités de fonctionnement conviennent à tout le monde, si les systèmes de régulation font consensus, etc., est un bon moyen d’assurer une bonne santé au réseau.

 

Les outils présentés dans ce guide sont aussi des dispositifs destinés à maintenir le réseau dans une bonne dynamique, en anticipant les ralentissements, les essoufflements, en maintenant un bon niveau de motivation collective. Et cela commence par des aspects d’organisation !